Vent d’Ouest

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20 janvier, 2011

L’hommage de Daniel Gilles à Yvon Le Ligeour

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Hommage à Yvon LE LIGEOUR  par Daniel GILLES 

Cimetière de Locmiquélic – samedi 15 janvier 2011

  

Sylvie, Robert, Boris, 

Chers amis, chers camarades,   

Beaucoup de justes et belles lignes ont été écrites dans le journal l’Humanité de mercredi sous la plume d’un rédacteur en chef Patrick Appel Muller à propos d’Yvon Le Ligeour parti la nuit d’avant. Yvon était bien une figure, un pilier, une des « âmes » du journal de Jean Jaurès. Roland Leroy, Patrick Le Hyaric, Pierre Laurent, Claude Cabanes et son ami José Fort, se sont associés à cet hommage qu’il méritait tant pour sa passion pour notre quotidien favori ou  pour « le journal que l’on vend le matin d’un dimanche », pour ses 35 années passées, de la diffusion à la promotion en passant par la rédaction de notre presse, passées à faire rayonner notre journal au quotidien comme dans une foule d’événements, du Tour de France aux événements culturels et sportifs ou lors de grands rendez-vous populaires.   Que de souvenirs lorsqu’il accueillait dans les locaux de l’Huma à Paris puis à St Denis, des célébrités comme Martine Aubry, Edouard Balladur ou Catherine Deneuve… son sourire et ses qualités d’accueil faisaient merveille. Yvon c’était un engagement, il était profondément communiste, il aimait mettre en commun, partager l’amitié, la camaraderie, moins sans doute la consigne et surtout pas le sectarisme. A sa façon, il conjuguait le mot fameux d’Aragon : « Je rends ma carte tous les soirs et la reprends tous les matins ».   Justement, Yvon depuis quelques temps retraité, et plus souvent dans le Morbihan et ici à Locmiquelic ou Port-Louis presque en « terre sainte » comme disent certains ou sur la rive gauche comme on dit maintenant, il avait repris sa carte ici avec des amis. Il avait ainsi retrouvé Armand Guillemot qui l’avait un peu poussé pour l’Huma il y a plus de 40 ans ; lui, le Minahouet, ou bien le beaucoup plus jeune Thierry Goyet à qui il préparait, avec Sylvie, une chambre chez lui à Montreuil lorsque « le petit » montait au Colonel Fabien… Un brin libertaire, Yvon avait un faible pour le journal satirique Charlie Hebdo et surtout ses dessinateurs de Charb à Luz et Wolinski. Il les avait souvent fait venir avec d’autres artistes et écrivains à la fête de l’Huma Bretagne en novembre au parc des expos du Pays de Lorient dont il était devenu le Président du comité d’organisation.  Ou bien lorsqu’il naviguait avec Eugène Riguidel et Marc Chapiro sur le vaisseau amiral de l’Humanité, la gabare si chère à Yvon Le Guyadec lors des régates de la Vie Ouvrière en juin, de Lorient à Belle-île.  Yvon aimait la fête, la convivialité, il était bon vivant, joyeux . On a bien besoin d’une telle humeur, d’un tel caractère dans notre société d’aujourd’hui.  Yvon était aussi un homme cultivé, curieux de l’actualité du monde, des arts, de la culture, des livres, de la chanson Française… Eclectique en diable, il adorait le débat d’idées engagées. Fort de ses convictions bien arrimées, il participait au débat des progressistes, il avait oeuvré avec nous depuis 4 ans à faire vivre les rencontres de Vent d’Ouest de la fin de l’été où des dizaines de personnalités de tous les courants de gauche dans la diversité de leurs itinéraires et de leurs sensibilité sont venues essayer de construire du commun et du neuf pour « contribuer à changer la vie ici et maintenant et à faire vivre l’espoir au présent ! ».  Avec Sylvie et Yvon, nous avons partagés de très bons moments, à Montreuil, à Carnac et Lorient. Yvon savait toujours marquer une attention et il était toujours très attentif aux autres. Sa générosité et son sourire étaient toujours là. Même avec la maladie, il ne s’en était jamais départis et quand je m’alarmais, il me disait : « je suis bien entouré ». Avec Sylvie, ta famille, tes amis, « oui » tu étais bien entouré ! Yvon, tu as eu une vie bien remplie, celle que tu avais choisie. Alors en pensant avec vous, beaucoup à lui ce matin à Locmiquélic, en saluant tous les présents et, en passant un moment des « genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche », je veux terminer ce modeste hommage par quelques paroles de la belle chanson d’un autre grand ami et camarade lui aussi disparu récemment, Jean Ferrat :

« Tu aurais pu vivre encore un peu

pour notre bonheur, pour notre lumière.

Avec ton sourire, avec tes yeux clairs,

Ton esprit ouvert, ton air généreux.

Tu aurais pu vivre encore un peu,

Mon fidèle ami, mon copain, mon frère, 

Au lieu de partir tout seul en croisière

Et de nous laisser comme des chiens galeux.

Tu aurais pu vivre encore un peu…»

Kenavo Yvon !

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